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UEBERSETZUNGEN
« Voici l’histoire de Robert Saint-Rose, surnommé Zétwal. Nous sommes en 1974 et la Martinique va mal. Les affrontements politiques se durcissent avec, en première ligne, le Parti Progressiste Martiniquais d’Aimé Césaire, sévèrement réprimé par les autorités. Pour prouver à la face du monde la fierté de son peuple, Robert Saint-Rose a une idée simple: être le premier Antillais à marcher sur la lune. Aidé par sa famille et ses amis, il entreprend de construire une fusée. L’énergie nécessaire au décollage sera puisée dans la puissance poétique des textes d’Aimé Césaire, déclamés au moment du compte à rebours. Quelques jours après les premiers essais, Zétwal et sa fusée disparaissent mystérieusement. Personne ne les reverra plus.» (Télérama N°3104)
Cette histoire « vraie» peut faire sourire. Il est plus intéressant de la prendre au sérieux; quantité de mythes beaucoup plus invraisemblables ont alimenté la fondation de civilisations ou de religions; aujourd’hui quatorze juillet nous savons bien que la prise de la Bastille ne fut en réalité qu’une petite révolte dérisoire où le chef de la prison du roi perdit seul la vie: or, c’est notre événement fondateur; c’est LA date clef de notre pays.
La révolte poétique de Zétwal pourrait bien un jour, après une période de latence classique dans l’assise de tous les mythes, devenir la légende fondatrice d’une nouvelle Martinique.
Prunier - Dienstag, 14. Juli 2009, 10:20- Rubrik: UEBERSETZUNGEN
Le retour mélodieux du traducteur
C’est le plus beau des voyages. Je suis ici, niché dans ma langue avec ses collines bleu horizon et ses fleuves d’évidence, mais je suis aussi là-bas, au pays où rien ne me ressemble, forêt noire et landes de bruyères. L’autre est à portée de main, j’en ai les caractères au bout de mes phalanges, c’est un cousin lointain que j’entends parfaitement ; ma tâche est de l’arracher à son altérité pour l’attirer dans mon palais, enfin dans ce qui est ma vie, mon souffle, mon rythme, raisons et rêves mêlés.
Que faire ? Je prends des risques, moins des libertés comme on se plaît à dire que des nécessités ; je bouge prudemment la syntaxe comme on écarte les branches à l’orée de la forêt, je déplie la lisière des mots et l’autre pénètre dans mon royaume – là où le mot et la chose s’épousent un peu, où le dire et le voir se font inconsciemment des mines.
Même si le sens m’en est clair, il se peut que le texte allemand ne consente pas à se défaire de sa gangue ; j’ai souvent l’impression que plus la clarté de l’étrangère est aveuglante, plus l’arrachement vers la langue maternelle est ardu. Tout est blanc soudain ; le prisme qui doit décomposer l’autre se trouble d’une opacité de roc gelé qui aveugle mon esprit pourtant lesté du sens : je guette un retour qui ne vient pas.
Il faut s’attarder sur ce moment où rien n’advient, où la loi du sens fait pression pour exiger sa restitution dans la langue d’enfance. Je me dis parfois que c’est davantage un lieu qu’un sens : je vole sur place au-dessus du Rhin, je suis totalement frontière, je me vois sur la carte, isolé, battant des ailes contre le vent d’ouest, bloqué par le mur de ma langue bien aimée. Je rêve de péninsule d’Europe, de clarté tempérée où l’Atlantique tiédirait la verdeur du Harz, ce cœur d’Allemagne bien connu, bien entendu, qui viendrait se réchauffer à deux pas du Gulf Stream, au seuil de ma maison.
L’aller est tellement facile, le mouvement est naturel, on a toujours envie de partir ; je vais à l’aventure, plein d’espoir, sûr de l’étranger dont je connais la langue et qui pourtant me dépayse si bien que je vois déjà miroiter le bonheur de sortir de ma peau. La difficulté est au retour : tant de connivences m’attendent, je vais renouer avec l’allure ordinaire de mes heures toujours jouées, un amont de souvenirs va dévaler sur mes épaules, tant d’affections anciennes à porter. Un trop plein d’amour pour ma langue embarrasse mon retour. L’effacement de l’autre – pure fiction, car avec ou sans ma traduction, il demeure – n’implique pas automatiquement l’ouverture sur le monde des mots où j’ai grandi : celui-ci m’est en effet si familier que mille chemins s’offrent à moi. Tant de voies pour un sens, j’hésite. Superbe attente, délicat retour : j’ignorais que ma langue maternelle allait vers toutes ces directions à la fois et sans l’autre langue je serais resté enclos dans le refrain des tournures moulinées étourdiment chaque jour.
Mais j’anticipe comme si j’avais trouvé le chemin de la maison alors que je trébuche sur les marches qui nous séparent. Il faut prendre cet entre-deux à bras le corps, lorsque l’autre disparaît et que l’un n’a pas encore paru : je plonge en vérité, je me noie dans la perte du langage, flot d’oubli taciturne. Moment désolé en apparence, très proche de l’ouvert auquel l’écrivain est constamment confronté. Mais le poète aime l’aventure, il chérit ce risque, il éprouve sa force ; le traducteur face au vide, paralysé de stupeur, se reproche sa maladresse. Je me console en songeant qu’ainsi, hors de moi, hors des mots, je côtoie au plus près l’auteur que je traduis : je me penche par-dessus son épaule, je le vois incliner la tête pour que je suive l’avance de sa peine et je découvre alors sa main qui repousse la nuit du mot à venir.
Je comprends tout à coup ce qui me manquait : j’avais oublié que le poète lui aussi est traducteur ; il traduit une réalité intérieure et c’est ce mouvement qu’au cœur du langage j’ai pour tâche de retrouver. Il a fallu le silence, il a fallu mon indécision pour que, dans la nuit de l’avancée vers la langue française, je croise mon écrivain allemand, dans l’autre sens. Nous nous saluons, nous nous reconnaissons : son effort est à la mesure du mien. Certes, le sien est d’un ordre différent, sa traduction va vers le tout autre, alors que la mienne surgit de sa main de maître. Mais il me donne au passage un conseil de la plus haute importance : je dois m’accorder à lui comme on le dit du violon et du piano. Parmi les mille voies possibles, le chemin que je choisirai dans ma langue est annoncé par son chant. Sa musique va me guider.
Je dois saisir sa mélodie. Je lis une page de l’œuvre, je la relis jusqu’à la connaître par cœur ; je sens que mon corps assouplit ma bonne vieille langue familière, je m’accorde, je m’adapte, je dis oui à tout, je suis tout ouïe. Je m’efface, j’efface le texte étranger et guidé par la musique, une voix murmure enfin un chant d’eau claire qui sourd au beau milieu du silence. Je sors de l’autre, du livre, délivrant enfin le sens jusqu’alors prisonnier de ma langueur.
Car une certitude dort au fond de la langue maternelle ; il suffit de dire, d’oser dire et le filet se fait tapis de mots ; la phrase fidèle et imprévue attendait patiemment que la pression du sens se dénoue en mélodie. C’était un jeu, le voyage retour était affaire de confiance, jolie petite peur suscitée mais nécessaire pour retrouver le chant de l’autre.
On voit bien que le même jeu d’abandon court sous les doigts du musicien : le texte est écrit, croches, noires, blanches, tempo, et pourtant, sur le silence à venir, le soliste va inscrire sa langue au plein du jeu. La chance est au futur, sa règle est plus féroce que celle du traducteur puisqu’il est cloué au rythme, mais il va faire déborder le temps de toute la technique de son corps éprouvé. Il se doute de l’avenir mais il compte sur le ton général dicté par ce moment de son corps pour se surprendre. Il va vers le nouveau puisque tout fuit, mais comme le traducteur il obéit à une règle étrange, déroutante : plus je m’efface, plus je suis moi-même. Car être soi-même dans le temps, c’est vivre l’aube perpétuelle, devenir neuf à chaque instant, entrer dans un prolongement renouvelé de soi.
En jouant, en traduisant, je me découvre ; je rencontre l’autre, je le devine, ma langue s’affine, le retour m’obligeant à ouvrir dans ma langue des voies que je n’aurais jamais frayées.
Il n’est pas question pour Ulysse de rentrer sans avoir traduit tout l’espace lumineux de la Méditerranée ; c’est ainsi qu’en devenant « personne » il s’absente de soi pour découvrir les figures stupéfiantes de l’autre. Ce retors s’amuse à se perdre, on admire les mille ruses, mais Homère seul, on le sait bien, est le vrai traducteur de ce traducteur au long retour mélodieux.
Prunier - Donnerstag, 21. Mai 2009, 10:43- Rubrik: UEBERSETZUNGEN
Scalza varcando da sabbie lunari,
Aurora, amore festoso, d'un eco
Popoli l'esule universo e lasci
Nella carne dei giorni,
Perenne scia, una piaga velata.
Über den Sand des Mondlichts schreitet
das Morgenrot als die Liebe auf, die im Ruf
der heimatlosen Völker fern aus dem All hallt
und das Weh im Fleisch ihrer Tage
zur Narbe festlich schließt, die es lindert.
___________________________
>>>> Helmut Schulze, wortgetreu und poetisch, übersetzt s o:
Barfuß aus Mondsand hervorschreitend
bevölkerst du, Aurora, freudige Liebe,
mit einem Echo das umherirrende All
und hinterläßt im Fleisch der Tage
als fortwährenden Streifen eine umflorte Wunde <<<<
Er selber >>>>> kritisierte d o r t sehr mit Recht die folgende Übersetzung:
Barfuß hindurch aus Mondwüsten
heitere Liebe, bevölkerst du
Mit einem Echo das verbannte Universum und läßt
Im Fleisch der Tage,
Immerwährende Spur, eine verhüllte Wunde.<<<<
Die hier brennende Frage dreht sich tatsächlich um die Vokabelgenauigkeit. Ich plädiere für eine Übersetzung des Sinns. Die Koordinaten sind in meinem hierüber eingestellten Vorschlag die folgenden:
esule= Verbannte - "Heimatlose" also // Popoli l‘esule= Emigranten (?) - wichtig scheint mir hier aber ein Akzent auf Völker zu liegen – es geht mithin um Pathos; Schulze scheint die Kombination Völker & Pathos zu scheuen – aus mir, gerade bei Ungaretti, politisch durchaus einsichtigen Gründen, die aber bei der Übersetzung keine Rolle spielen sollten. Das Völkerpathos g e h ö r t zu Ungaretti – auch und gerade dasjenige vorgeblich (ideologisch) oder tatsächlich heimatloser Völker. // scia=Spur + perenne=nie versiegend, dauernd bezeichnet selbstverständlich eine "N a r b e". // aurora muß nicht die Göttin, sondern kann ganz einfach das Morgenrot sein // piaga ist auch eine Plage, also insgesamt „das Übel“, man muß das nicht auf Wunde beschränken, zumal eine Wunde, wenn man sich für Narbe entscheidet, sowieso mitgemeint ist. Ich habe mich, um das Pathos zu wahren, sogar für „das Wehe“ entschieden. // velata bedeutet lindernd, mit „Umflorung“ wie bei Schulze hat das nichts zu tun. // Und dann, zuerst und zuletzt: scalza. Natürlich ist das a u c h „barfuß“, aber scalzare heißt ebenso verdrängen - und das ist in der Tat das, was das Morgenrot mit dem Mondlicht tut. Hier also mal n i c h t überpoetisch werden. // Und schließlich varcare=überschreiten. Nimmt man das semantisch, hat man einen philosophischen Begriff: „überschreiten“ bedeutet nämlich zu transzendieren. Wenn man daraus ein "a u s etwas Herausschreiten" macht, geht genau d i e s e r Zusammenhang verloren.
Alles andere sind rhythmische Fragen.
Ungaretti übersetzen 1 <<<<
albannikolaiherbst - Samstag, 31. März 2007, 09:32- Rubrik: UEBERSETZUNGEN
The apparition of these faces in the crowd;
Petals on a wet, black bough.
(12/7)
Die Gesichter in der Masse: Kronblätter am
verschmutzten Zweig, ganz nasse.*
(12/7)
Nach den bisherigen, teils berechtigten >>>> Einwänden gegen meinen Vorschlag und nach den bisherigen ‚Gegen’vorschlägen, dichte ich jetzt s o nach:
Die Gesichter in der Masse: nasse Blüten
an regenschwarzem Geäst.**
12/7
*) Das ist sehr frei übersetzt, aber wirkt im Deutschen sinnlicher als Beilharz’ gegenüber dem englischen, lautlich satten ‚apparition’ verwendetes, arg kopfdürres ‚Erscheinen’, zumal „die Gesichter in der Menge“ als genannte ohnedies bereits ‚erscheinen’; das muß nicht wiederholt werden. Dafür wird meine Version mit „Kronblätter“ genauer, weil s i e es sind, was die Umgangssprache mit ‚Blütenblätter’ meint und nicht auch die zu diesen gehörenden Frucht- und Staubblätter. Zudem ‚kronen’ nun die Gesichter mitgemeint auf der Masse. Da, wenn der Zweig naß ist, es auch die Blüten sind, darf „wet“ auf sie verschoben werden. Damit läßt sich ein weiteres Bedeutungsspiel in die zwei Zeilen streicheln: ‚black’ bedeutet im Englischen nämlich nicht nur ‚schwarz’, sondern auch ‚schmutzig’. Das nutzend, bekommt Pounds ‚nasser, schwarzer Zweig’ unversehens die Unmittelbarkeit eines Naturbilds. Die Konstruktion eines angedeuteten Reimes („Masse“/„nasse“) zurrt das Gedicht z u d e m noch zusammen. Außerdem haben die Gesichter jetzt erst die (wahrscheinlich) gemeinte Zärtlichkeit des Individuellen, das sich vom schwarzen Zweig abhebt. Und sind zugleich ebenso vergeblich.
**) „Geäst“, weil ein einziger Zweig nicht mit „Menge“, bzw. „Masse“ korrespondiert; außerdem ist „bough“ nicht nur der Zweig, sondern auch der Ast. Nun sitzen Blüten nicht auf Ästen, im Geäst aber sehr wohl.
>>>> Johannes Beilharz hat s o übersetzt:
Das Erscheinen dieser Gesichter in der Menge:
Blütenblätter auf einem nassen, schwarzen Zweig.
(13/12)[bei Mahler, Zehnte Sinfonie, Barschai-Komplettierung.]
albannikolaiherbst - Mittwoch, 25. Oktober 2006, 17:38- Rubrik: UEBERSETZUNGEN
Soldaten.
Wir fallen
wie im Herbst
von den Bäumen
die Blätter Soldati
Si sta come
d'autunno
sugli alberi
le foglie Diskussion und Anlaß bei >>>> parallalie.
albannikolaiherbst - Mittwoch, 9. August 2006, 12:20- Rubrik: UEBERSETZUNGEN
HOW have I labored?
How have I not labored
To bring her soul to birth,
To give these elements a name and a centre!
She is beautiful as the sunlight, and as fluid.
She has no name, and no place.
How have I labored to bring her soul into separation;
To give her a name and her being!
Surely you are bound and entwined,
You are mingled with the elements unborn;
I have loved a stream and a shadow.
I beseech you enter your life.
I beseech you learn to say "I"
When I question you:
For you are no part, but a whole;
No portion, but a being. Ezra Pound
albannikolaiherbst - Donnerstag, 13. Juli 2006, 08:53- Rubrik: UEBERSETZUNGEN
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Für Adrian Ranjit Singh v. Ribbentrop,
meinen Sohn.
Achtung Archive!
DIE DSCHUNGEL. ANDERSWELT wird im Rahmen eines Projektes der Universität Innsbruck beforscht und über >>>> DILIMAG, sowie durch das >>>> deutsche literatur archiv Marbach archiviert und der Öffentlichkeit auch andernorts zugänglich gemacht. Mitschreiber Der Dschungel erklären, indem sie sie mitschreiben, ihr Einverständnis.
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@M. Erp System.
Die Grundfrage, Herr Erp, ist, denke ich, eine n o...
albannikolaiherbst - 2009/11/08 09:12
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[Tschaikowski, b-moll.]
Seit halb sieben hoch, mein Bub schläft noch auf seinem Vulkanlager; ... albannikolaiherbst - 2009/11/08 08:58
Fast immer etwas von Liebe. Kleine ...
[Geschrieben für die Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung.
Erschien en am 6. September 2009.]
Mit ... moral
Ich stimme dir komplett zu, dass wir unser Leben moralischen...
M. Erp System (Gast) - 2009/11/08 08:30
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„Durch die Nähe zur Technik und Industrie ...
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